Laurent Velorution a écrit :
Avant de rentrer dans le vif du sujet, je précise que chaque membre de notre collectif, non constitué en association, sans responsable désigné, s'exprime en son nom propre et n'engage aucunement le groupe. Je m'exprime donc à titre personnel. Le collectif Vélorution, qui propose chaque mois un rendez-vous festif et déambulatoire aux amoureux de la petite reine et aux défenseurs de tout ce qui est alternatif à la voiture individuelle (premier samedi de chaque mois, place Francheville, 10h30), a contribué chaque fois qu'il l'a pu, au débat instauré sur la problématique des transports dans l'agglomération périgourdine. Bien que tout récent (le collectif a moins d'un an), le groupe n'a pas attendu les débats publics du PDU pour réfléchir aux indispensables évolutions du plan de circulation et faire des propositions concrètes, aux élus de Périgueux notamment. A ce propos, nous avons bien noté que lors des voeux du maire, Mr Moyrand, le chantier de la création de pistes cyclables dignes de ce nom est apparu comme une priorité, ce dont nous nous réjouissons. Nous sommes tout disposés à reprendre contact avec les élus concernés pour participer de près à la réflexion. En ce qui concerne les débats publics, nous avons participé à deux d'entre eux (Périgueux et Chancelade) et été observateurs lors du troisième (Trélissac).
Quelques réflexions que je livre à titre personnel :
A Périgueux, la tendance lourde des interventions était en faveur de mesures contraignantes visant à limiter les facilités d'accès des voitures individuelles au centre-ville. L'objectif principal des différents scénarios présentés par le document audio-visuel, à savoir réduire "la part du traffic automobile dans les déplacements urbains" a paru bien frileux à la majorité des intervenants. En effet, cela n'implique nullement la diminution en valeur absolue du traffic routier, mais seulement la part du routier par rapport au total de tous les modes de transport (qui continue à augmenter globalement, lui). Il semble que les rédacteurs du documents audio-visuel présentant les 4 scénarios, se soient résignés à cette augmentation du traffic routier, considérée comme inévitable. Ce n'était pas l'avis du public ce jour-là, ni le mien d'ailleurs. Pratiquement personne ne voyait non plus l'intérêt de la construction de nouveaux ponts, pas même les habitants des deux côtés de la rivière (à l'Arsault), directement concernés. Le point de vue fut assez différent à Chancelade, mais la problématique différente des habitants de l'extérieur de Périgueux (entrer rapidement en ville) l'explique peut-être. Sur cette question de l'indispensable maîtrise du traffic automobile, je suis convaincu de la nécessité de prendre le problème à bras le corps et d'éviter les demi-mesures, mon analyse est la suivante :
On n'a pas le choix !
Nous partons d'une situation où le traffic est souvent saturé en de nombreux points de la ville. Un représentant des commerçants de la rue Wilson, hostile à toute limitation du traffic en centre ville, faisait remarquer que sa rue ne connaissait de vrai bouchon qu'une fois par semaine. Pour habiter le quartier, je peux témoigner que le traffic y est saturé très fréquemment. Sans que ce soit un vrai bouchon, il y a des voitures partout, qui roulent au pas. dans cette situation, le moindre souci (un livreur qui stationne en double file...) pose problème. J'ajoute que ces moments ne sont agréables pour personne, et en particulier pour les piétons qui pressent le pas pour retrouver ailleurs, un air plus respirable. C'est le constat de départ. Il concerne de nombreux secteurs de Périgueux. Par ailleurs, toutes les solutions envisagées pour désengorger le centre de la ville passent par une valorisation -incontournable- des transports en commun. Ce reformatage du réseau urbain implique évidemment la création de voies réservées aux bus et aux taxis (à titre personnel, j'attends cela impatiemment, étant usager des bus, et conscient à ce titre de la nécessité de renforcer la fréquence de leur passage et leur facilité de circulation). La facilité de circulation des véhicules à moteur personnels sera donc forcément réduite. Ajoutez à cela l'augmentation annuelle prévisible du nombre de véhicules en centre ville (en gros + 1,5 % par an, si je me souviens bien) et on se retrouve dans une situation insupportable, sauf à proposer des alternatives crédibles aux automobilistes excédés par ces difficultés auxquelles ils n'étaient pas habitués.
Ma conclusion est qu'on ne peut pas se contenter d'"aménagements" du réseau existant, qui mécontenteront tout le monde. A propos du rail...
La solution qui semble privilégiée par les élus (scénario 3 "Autour de sites propres performants" c'est à dire une politique "volontariste" de développement du réseau de transport en commun routier) me semble faire fi un peu vite des possibilités du rail. Je donne l'exemple de Chateau-L'Evêque que je connais bien. L'unique train du matin passe à 7h15 pour Périgueux. C'est trop tôt pour la plupart des usagers qui embauchent sur l'agglomération. Le renforcement du traffic des TER avec une rame à 7h45 et une autre à 8h15 est-il inaccessible financièrement ? Il faudrait bien sûr que ce développement soir effectif des deux autres points de départ (côté St Astier et côté St Pierre de Chignac), mais aussi dans le sens inverse, le soir. J'ai le sentiment qu'une volonté politique forte viendrait à bout des résistances dans ce domaine, avec le soutien de la région. Des élus de la CAP sont allés voir les réalisations de La Rochelle, que j'ai pu observer récemment. La création de nouveaux arrêts pour les TER dans l'agglomération rochelaise, avec de petits parkings à proximité, me semble être un schéma intéressant pour développer le multimodal, qui doit tenter d'englober tous les modes de déplacement. Pour finir à vélo...
Enfin, pour ne pas être trop long, je ferai juste cette remarque, que je n'ai pas eu l'occasion d'exposer pendant les débats : les 4 scénarios présentés comprennent -tous- une proposition de développement du réseau des pistes cyclables dans l'agglomération -avec un budget important-, mais sans plus détailler ce qui en serait fait. Le collectif Vélorution se propose de participer à la réflexion de cette mise en oeuvre. Nous sommes tous des usagers de la bicyclette au quotidien.
Une dernière remarque formelle, concernant ce forum : l'usage du pseudonyme dans ce genre de débat est détestable, surtout lorsqu'on engage des polémiques. Cela me semble marquer un certain manque de courage.
Laurent PICHOT
citoyen de Périgueux, membre du collectif Vélorution et des Amis de la Terre
|